Journée d’études : Sons et gestes dans les mobilisations politiques : enjeux collectifs d’expressivité(s) et d’affectivité(s)
Cette journée propose de mener une réflexion en faisant dialoguer plusieurs disciplines sur les mobilisations politiques dans l’espace public : musicologie, étude du geste dansé, études théâtrales, philosophie, sociologie, science politique, anthropologie...
Date : 16 avril 2026, 9h30-18h30
Lieu : Maison de la recherche de Paris 8, Amphithéâtre MR-002
Coordination : Maël Hamey Jakubowicz & Jean-Baptiste Veyret-Logerias, doctorants MusiDanse
Des Gilets Jaunes à Black Lives Matter
Des performances féministes aux actions directes écologistes, les mobilisations qui ont jalonné la vie politique aux niveaux tant national qu’international ces dernières années soulignent la place centrale qu’occupent les sons et les gestes dans les répertoires d’action collective dans l’espace public.
Au-delà du traitement médiatique de ces événements – et notamment de l’analyse des discours tenus auxquels ces événements se trouvent souvent réduits –, au-delà également des transformations dans l’organisation et la réception de ces mobilisations du fait du déploiement des réseaux sociaux, ces sons et ces gestes viennent manifester la contestation en acte. Aussi, l’analyse de la production sonore et gestuelle, de sa diffusion et sa réception par les manifestant·e·s et artistes elles- et eux-mêmes, est-elle intimement liée aux multiples pratiques qu’ils et elles mettent en place. Cette journée d’étude se proposera donc d’approcher différents types de sons et de gestes effectués collectivement lors d’événements spécifiques, selon des cadres d’analyse attentifs, entre autres, à l’interactionnisme, et aux notions de "milieux" sonores et gestuels.
Dialogue pluridisciplinaire sur la contestation et ses affects
Ces actions collectives, du fait même qu’elles mobilisent des groupes et impliquent le tissage de relations entre les participant·e·s, soulignent la place qu’occupent les émotions, et plus largement les affects, dans ces luttes. Une place que ne dément d’ailleurs pas l’importance croissante, au moins depuis le "tournant affectif" en sciences sociales. Cette journée d’étude cherchera notamment à mettre au jour comment ces affects émergent par et dans la pratique, et se penchera sur leur persistance après l’événement de contestation. Les actions menées lèvent notamment un potentiel d’"identification" collective qui se fait particulièrement utile, voire essentiel, dans l’élaboration, la réalisation et la poursuite de ces mobilisations. Si ces événements sont souvent des expressions de contestation, on ne saurait par ailleurs omettre de considérer le rôle de la joie, de la fête, de tout ce qui, dans ces mobilisations, participe d’une émulation collective porteuse pour le groupe assemblé dans l’événement autant que pour chaque participant·e.
Cette journée se propose donc de mener une réflexion en faisant dialoguer plusieurs disciplines sur les mobilisations politiques dans l’espace public : musicologie, étude du geste dansé, études théâtrales, philosophie, sociologie, science politique, anthropologie... Chacune apportera ainsi, depuis son ancrage méthodologique singulier et le point d’attention particulier qui est le sien, un éclairage sur ce que les gestes, les sons et/ou les affects font à ces événements contestataires, ainsi qu’à ce que ces événements font aux gestes, aux sons et/ou aux affects.
avec la participation confirmée de : Nora Cuellar Salinas, Luar Maria Escobar, Pierre-Olivier Gaumin & Emmanuelle Reungoat, Rosalia Martinez, Maïté Maskens & Federica Moretti, Jonathan Thomas, Sophie Wahnich
Contacts : jbveyretlogerias@mailo.eu


